Vendredi 09 avril 2010.
Nous voici sur la route qui nous amène de Quepos-Manuel San Antonio vers Jaco. Nous longeons de nombreuses plages tantôt de sable volcanique tantôt de rochers. Les paysages sont sauvages et les plages souvent dépeuplées (playa Hermosa – belle –) mais nous savons que les tortues de mer nichent en ce lieu. Il règne en cette plage une extrême chaleur qui nous écrase littéralement, les embruns marins n’y font rien. En suivant, nous arrivons au petit village de pêcheurs de Tarcoles et décidons de nous installer en ce lieu pour la nuit au sein de l'hôtel Carara qui jouxte la mer. Nous découvrons une jolie « soda » ( auberge ) au sein de l'agglomération où nous dégustons des ceviches ( poissons crus baignant dans le citron ), camarones aljillo ( crevettes à l'ail ), poisson Mahi-Mahi (daurade). Ici pas de doute c'est de la marchandise bien fraiche ! Un plaisir du palais à petits prix! (le pêcheur-poissonnier est en face du «soda »).
Nous entrons, par le biais d'une piste tracée au bulldozer, dans la forêt profonde au-dessus de Tarcoles. Le 4x4 nous le permet. Nous pouvons ainsi apprécier la flore locale, une véritable jungle !. Quelques superbes points de vue s'offrent à nous car nous grimpons sur les sommets et découvrons le littoral sur la ligne d’horizon. Au loin la rivière Tarcoles (d'où le nom du village) se jette dans l'océan pacifique. Nous admirons l’estuaire.
Nous rejoignons le fameux pont de Tarcoles pour retrouver des crocodiles qui vivent dans cette rivière à l'état naturel. Depuis le pont nous découvrons de véritables « bestiaux », pour certains de 5 et 6 mètres de long et 500 kilos « tout mouillés ». Le spectacle est impressionnant et ne donne pas envie de se baigner, même pas de tremper un orteil !
Retour à l'hôtel. Alors que nous nous reposons sur la terrasse, voici, au-dessus de nous, de nombreux passages d'oiseaux colorés et criards qui se déplacent en bandes, notamment des aras aux superbes couleurs. Pour les autres, nous n'avons pas la compétence mais ces volatiles nous laissent rêveurs ! C'est un superbe spectacle naturel !
Samedi 10 avril 2010.
Après un petit déjeuner typiquement local – le gallo pinto - (riz avec haricots noirs – épicé -, œufs brouillés et banane salée le tout agrémenté néanmoins d’un café), nous visitons le parc naturel « Carara ». Nous parcourons des sentiers sauvages au sein d’une végétation très épaisse qui abrite aras et oiseaux divers. Contemplation d’une nature préservée et respectée, d’une faune en toute liberté. A la croisée des chemins, une bande de singes nous observent de prés tout en s’agitant dans les branches. Curiosité et inquiétude se mêlent des deux cotés. Nous préférons nous éloigner.
La promenade se termine dans la chaleur, une atmosphère très lourde en humidité et nous rejoignons le véhicule quelque peu éreintés.
Dimanche 11 avril 2010.
Nous prenons la route du volcan Poas au nord-ouest de San José. Il s’agit du volcan le plus actif du Costa Rica qui culmine à 2704 m. C’est aussi un des plus grands cratères de volcan du monde (1500 m de diamètre). Nous nous « posons » dans un chalet de montagne ( las Calas) sur les flancs du « monstre ». Demain dimanche, nous montons au cratère. La température en notre lieu d’hébergement n’a plus rien à voir avec la côte pacifique, nous sommes passés de 37° à 18 ° (pluie en outre). Ce soir nous faisons du feu dans la cheminée car nous avons froid !!! La tisane est bienvenue ! La nuit est fraiche ! Il pleut abondamment au petit matin.
Nous "montons" au cratère du volcan « Poas » malheureusement la visibilité est nulle. Impossible d’accéder au site proprement dit. Il en est de même pour le volcan « Iratzu ». Nous décidons de « filer » sur Tortugueros sur la côte caraïbes à 4h30 de voiture. Après la traversée d’Alajuela et de la capitale San José, la route très sinueuse et montagneuse est exténuante, néanmoins le paysage est beau, d’une extrême verdure (Paraiso, Turrialba). Nous arrivons à Siquirries et surprise, nous devons prendre une piste caillouteuse, défoncée, inondée, longue de 32 km pour atteindre Cano Blanco et ce, au travers de plantations de bananiers. 1h00 de parcours à «la parkinson», le bego 4x4 vibre de partout, bonjour les vertèbres, c’est le bouquet final ! Chantal finit en conduisant debout ! Nous atteignons le petit port d’embarquement au bout du monde ! Ce soir, nous avons notre dose, nous ne traverserons pas. Nous décidons de loger dans un bungalow prés de l’embarcadère ! La nuit tombe à 17 h45, des trombes d’eau aussi ! Demain nous devons négocier la traversée avec les passeurs et ce n’est pas une mince affaire ! Ici c’est le no man’s land !
En ce lundi matin (12 avril 2010), nous nous réveillons tant bien que mal. La nuit a été difficile. Des pluies diluviennes sont tombées tambourinant sur le toit de notre chalet sur pilotis (nous sommes quasiment seuls dans un marais). Une musique endiablée a émané d’un bateau proche ou les marins sous l’effet de l’alcool se sont trouvés transcendés. Les costaricains aiment la fête. Hier ils fêtaient Juan Santamaria, un héros national ! Défilés, bals populaires etc…
Nous dégotons, pour la journée, un «passeur» ( Alejandro) pour aller à Tortuguero, . Tortuguero est un village entre mer et large canal (cano blanco). Nous ne sommes pas loin de la frontière avec le Nicaragua. Il est seulement accessible en bateau après un trajet de 35 kms à travers une épaisse forêt tropicale.
Une jungle dense, impressionnante, peuplée de jaguars, tapirs, singes et nombreux animaux. A l’aller, nous mettons deux heures pour effectuer le trajet car le guide s’arrête quelques fois pour nous permettre d’appréhender la faune. Nous découvrons caïmans, singes « congos », singes « Titi », toucans, aigles pêcheurs, et diverses variétés d’oiseaux. C’est fabuleux ! Nous sillonnons les canaux avec l’impression d’être en Amazonie ( des lamantins vivent en ces eaux). Au terme de notre remontée ; « Tortuguero » ! Un joli village typique bordée d’une plage où les tortues de mer « verde » pondent dans le sable. Nous sommes dans une réserve naturelle, le parc national de Tortuguero.. La longue plage de la « ciudad » quant à elle, est tumultueuse, de violentes vagues boueuses la balaient ! Le sable est quasiment noir, il est jonché de troncs d’arbres, des nuages d’embruns montent. Une vision un peu ténébreuse !
Nous resteront quelques heures en ce lieu (aucune voiture, engins à moteur, aucune route) ou toutes les maisons sont sur pilotis car le village est bâti sur un marais. Les trottoirs, en fait, sont souvent des passerelles sur l’eau ! Bonjour les moustiques ! Ici, il est interdit de couper les arbres, de chasser, les habitants très modestes ne vivent que du tourisme (petites boutiques de souvenirs, sodas, promenades en canoë).
A la nuit tombante (17h00), nous regagnons Cano Blanco à pleine puissance moteur. Nous sommes très satisfaits de notre incursion en ce bout du monde. Tortuguero vaut bien le déplacement !
